Ce rapport de synthèse de SPARC présente les défis et opportunités pour le pastoralisme et l'agriculture dans les zones arides, et comment rendre plus efficaces les investissements futurs.
Ce rapport synthétise les conclusions de six années de recherche menées par SPARC afin de dresser un bilan des principaux défis et opportunités auxquels sont confrontés aujourd'hui le pastoralisme et l'agriculture dans les zones arides, et de réfléchir aux domaines dans lesquels les futurs investissements et soutiens pourraient être les plus efficaces.
En se concentrant sur les thèmes clés de SPARC que sont la paix, la prospérité et la résilience, il explore à la fois les défis et les facteurs favorisant le progrès pour ceux qui vivent dans les zones arides. Plutôt que de fournir des conseils opérationnels, il vise à remettre en question les hypothèses courantes et à proposer des récits alternatifs et solides qui peuvent éclairer la réflexion stratégique. Il offre ainsi une image réaliste de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas, en exposant les implications pour les décideurs des secteurs privé et public – ceux qui élaborent les projets, les initiatives, les politiques et les investissements pour les années à venir. Il est accompagné d'un rapport complémentaire intitulé « L'aide à la croisée des chemins : s'adapter aux réalités des zones arides ».
Messages clés :
- Dans les zones arides, la prospérité et la paix durables découlent généralement de changements progressifs, ancrés localement, et non d'une transformation à grande échelle. Les zones arides sont souvent considérées comme des lieux marginaux et improductifs nécessitant une transformation à grande échelle : un discours qui façonne une vague croissante de projets d'investissement de grande envergure, notamment des programmes d'irrigation commerciale, des installations d'énergie renouvelable et des initiatives d'extraction de ressources. Mais les recherches de SPARC montrent que ce ne sont généralement pas les programmes de grande ampleur, mais les investissements à petite échelle et itératifs dans ces moyens de subsistance quotidiens qui comptent le plus pour garantir la prospérité future.
- À quoi ressemble un progrès réel, et qui le détermine ? Les programmes de développement définissent souvent les problèmes et mesurent les résultats à l'aide d'un langage générique et composite. Or, ces mesures générales ne reflètent souvent pas ce qui importe le plus aux populations locales – ce qui conduit les partenaires de développement externes à mal évaluer les défis et à compromettre l'efficacité des réponses apportées. Ce décalage persistera tant que les systèmes régissant l'aide et la responsabilité politique ne parviendront pas à mieux évaluer et répondre à ce que les populations locales considèrent comme un progrès.
- Les pratiques collectives sont essentielles à la résilience et au développement dans les zones arides. L'aide extérieure devrait renforcer ces dynamiques existantes en les reconnaissant et en les soutenant davantage, et devrait encourager les solutions intégrées qui répondent simultanément à plusieurs défis interdépendants, en donnant la priorité aux investissements à long terme qui renforcent la collaboration entre différents types de gouvernance, formelle et informelle.
- La flexibilité des moyens de subsistance et des connaissances locales doit être reconnue. Dans les zones arides, les moyens de subsistance s'adaptent constamment à l'évolution des conditions environnementales, sociales et économiques. Pourtant, les politiques s'appuient souvent sur des catégories rigides et des solutions uniformisées qui ne tiennent pas compte de la flexibilité et de l'interdépendance – une approche qui limite les possibilités d'innovation et de croissance et qui tente de stabiliser ou de revenir à une situation « normale ». Soutenir les interactions entre les éleveurs, les agriculteurs, les commerçants et autres acteurs, plutôt que de les traiter comme des secteurs distincts, peut renforcer les réseaux et les relations pratiques qui aident les populations à s'adapter.
- Les discours négatifs ont un pouvoir qui perdure. Les défis auxquels sont confrontées les zones arides aujourd'hui ne sont pas le résultat d'une vulnérabilité inhérente. Les zones arides ne sont ni vides ni intrinsèquement vulnérables ; elles sont simplement défavorisées. Pour contribuer à un avenir meilleur, il faut changer la façon dont on parle et dont on comprend les zones arides. Cela implique notamment de reconnaître la valeur des stratégies locales déjà en place et de veiller à ce que les investissements reflètent les réalités et les priorités de ceux qui vivent dans ces régions.